Mercredi 08 février 2023
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Alain Bosetti (Salon des Micro-entreprises) : « Tout le monde ne parvient pas à lâcher prise pour concrétiser son projet entrepreneurial »


A l’occasion du prochain Salon des Micro-Entreprises, la première Journée Nationale des Femmes Entrepreneures se déroulera le 10 octobre prochain au Palais des Congrès de Paris. Interview d’Alain Bosetti[1], président du Salon des Micro-Entreprises[2], une manifestation qui accueille tous les ans 10 000 femmes entrepreneures.

Entreprendre, est-ce si différent lorsque l’on est une femme ou un homme ?

On observe qu’il y a autant de porteurs de projet féminins que masculins. Or, les femmes ne représentent que 29% des créateurs d'entreprises en France. Plusieurs raisons expliquent ce décalage dans le passage à l’acte.

Tout d’abord, la vie d’entrepreneur impacte souvent sa vie de famille. 15 millions de français désirent créer leur entreprise, et plus de 500 000 le font réellement chaque année depuis 3 à 4 ans et l’arrivée du statut d’auto-entrepreneur. Donc, s’il y a beaucoup de velléitaires, tout le monde ne parvient pas à « lâcher prise » pour concrétiser son projet entrepreneurial.

En effet, en devenant créateur, il faut accepter de plus bénéficier d’une protection contre le chômage ou d’un support technique quand son ordinateur est défaillant, de ne plus pouvoir profiter de moments conviviaux entre collègues autour de la machine à café…
On quitte alors un monde de stabilité. De plus, entrepreneur est une activité qui concentre plusieurs métiers : concevoir une offre, la vendre, produire puis gérer ce que l’on a vendu. Et qui implique aussi une interpénétration des vies privée et professionnelle. Le soutien total de son environnement familial est crucial pour réussir ce changement d’existence.

Comme les femmes se montrent davantage sensibles aux conséquences négatives de l’entrepreneuriat, comme des vacances plus courtes ou une rémunération en baisse, elles font davantage preuve de renoncement à la création d’entreprise que les hommes.

D’autres différences ?

Un deuxième fait statistique est établi : si les entreprises créées par les hommes se développent plus vite que celles crées par les femmes, elles sont moins pérennes que celles de leurs homologues féminines, plus pondérées dans leurs décisions. Cela peut s’interpréter par une prise de risques plus importante de la part des hommes en création d’entreprise.

On remarque également l’existence d’un « plafond de verre » pour les femmes créatrices, identique à celui observé pour les femmes salariées. Pour deux motifs majeurs. D’une part, l’accès au financement du projet est plus complexe, car les fonds propres sont souvent moins élevés que ceux des hommes, en raison d’un niveau de diplôme et d’une rémunération en entreprise plus faibles ralentissant la constitution d’un apport personnel. D’autre part, les femmes se sentent moins soutenues par leur conjoint que les hommes au moment de créer une entreprise.

Enfin, dernière différence, dans la création d’entreprise les femmes sont en quête d’un équilibre de vie, notamment en matière familiale, tandis que les hommes recherchent plutôt des revenus supérieurs.

Propos recueillis par François Simoneschi, rédacteur en chef de La Référence Franchise.

Encadré : 5 conférences dédiées à l’entrepreneuriat au féminin

Le 10 octobre, au Salon des Micro-entreprises, 5 conférences seront dédiées à l’entrepreneuriat au féminin :

  • 10 heures / Entreprendre au féminin, ce qu’il faut savoir pour réussir
  • 11 heures 30 / Témoignages de créatrices : comment réussir la création de son entreprise?
  • 12 heures 30 / Parcours de femmes : découvrez ces entrepreneures qui ont réussi
  • 15 heures / Réussir sur le net, les conseils de 5 femmes entrepreneures
  • 17 heures / Entreprendre au féminin : quelles perspectives pour se lancer ?

[1] Co-auteur avec Mark Lahore de « Comment développer votre activité avec votre réseau relationnel » (éditions Dunod)
[2] Du 9 au 11 octobre prochain, au Palais des Congrès de Paris.