Lundi 10 décembre 2018
L’ENCYCLOPEDIE PRATIQUE DE LA FRANCHISE
foule de franchisés


 > Etre franchisé > Monter son dossier de financement
leçon
12

Comment votre dossier est étudié par la banque ?



Adéquation entre le candidat et le projet d’entreprise, viabilité économique du point de vente, montage financier : le banquier analysera dans les moindres détails tous les éléments du dossier de financement. En jeu : un partenariat pérenne entre un entrepreneur et sa banque.

Candidat entrepreneur, franchiseur et projet de création d’entreprise : ces trois éléments servent de base à l’étude d’un dossier de financement par la banque.

Dans un dossier de financement, on étudie trois volets.

« Tout d’abord les informations sur le porteur de projet : expérience, état patrimonial, avis imposition, emprunts en cours, relevés de compte, apport personnel réellement disponible, charges familiales... Ensuite, la solidité du franchiseur est analysée, notamment grâce aux informations utiles des Pôles Franchise & Commerce Associé : DIP, contrat, résultats des points de vente en franchise et en succursale… Enfin, le projet lui-même est décortiqué : emplacement, acquisition d’un droit au bail ou d’un fonds de commerce – dont le coût doit être en cohérence avec le marché et le développement commercial prévu -, étude de marché – élément déterminant pour emporter la conviction du banquier », note Jean-Philippe Deltour, co-fondateur de CreditRelax (conseil en financement professionnel).

Le plan de financement permet de comprendre les besoins et les ressources du créateur.

Le plan de financement met en rapport les investissements et les besoins d’exploitation – droit d’entrée, formation, charges, stock, besoin en fonds de roulement…- avec les fonds propres, le financement des investissements – prêt, crédit-bail, location (parfois avec option d’achat), prêt à la création d’entreprise – et les financements à court-terme – facilité de caisse, escompte papier commercial, affacturage, avance sur créance administrative.

« Un minimum de 30% d’apport personnel est requis, et cela peut aller jusqu’à 50% dans un secteur comme les services à la personne. On essaie de rapprocher la durée de l’emprunt de celle du contrat de franchise », indique Thomas Meli, responsable de la Prescription-Marché des Professionnels à la Société Générale.

« L’apport personnel doit être réellement et immédiatement disponible, et ne pas dépendre de la mise en vente d’un bien immobilier ou d’une promesse de prêt d’un proche », soutient David Borgel, dirigeant de Franchise-me Up (accompagnement des réseaux, du sourcing à la signature, en passant par expansion immobilière et financement).

« Il est possible de demander un relais de la TVA sur les investissements. Le porteur de projet doit négocier un découvert, notamment si le démarrage de son exploitation s’avère plus long que prévu », conseille Carole Juge, adjointe Département Franchise & Commerce Associé de la BRED Banque Populaire.

Le banquier ne finance pas tous les besoins de l’entreprise, en particulier les éléments incorporels. De plus, trois types de garanties peuvent être actionnés lors d’une demande de financement.

« Tous les éléments du projet entrepreneurial ne sont pas couverts par l’emprunt. Le banquier privilégie le matériel - ou frais liés aux immobilisations corporelles -, lequel possède une valeur durable : mobilier, machines, véhicules, informatique, travaux d’agencement… Les éléments incorporels ou le stock sont difficilement récupérables en cas de cessation d’activité : frais juridiques et administratifs, dépenses publicitaires, etc. De plus, trois types de garanties peuvent être actionnés lors d’une demande de financement : les garanties professionnelles sur le matériel de l’entreprise - à accepter, comme un gage sur un véhicule -, les garanties personnelles – gage sur le patrimoine, à ne pas accepter sans réflexion dans l’euphorie du démarrage : le risque doit être partagé avec le banquier – et enfin les garanties institutionnelles comme OSEO, SIAGI ou France Active », rappelle Grégory Bénas, responsable BGE PaRIF des Hauts de Seine (réseau d’appui aux entrepreneurs).

François Simoneschi, rédacteur en chef de La Référence Franchise

CONSEIL D'EXPERT

Agnès Dalliet (Société Générale)

« Rencontre avec le banquier à un moment particulier »

« La rencontre avec le banquier intervient à un moment particulier dans la construction d’un projet entrepreneurial. Le candidat entrepreneur doit montrer qu’il maîtrise son dossier : calcul du point de mort et moyens pour l’atteindre, stratégie commerciale… Il lui faut présenter son équipe, le marché, les produits et services, la démarche commerciale, la stratégie de développement, les choix juridiques et un business plan complet comprenant un plan de financement sur 3 ans, un compte d’exploitation prévisionnel sur 3 ans et un plan de trésorerie sur les 12 premiers mois.
Cet effort pédagogique du candidat entrepreneur à poser son projet sous forme d’analyse et d’écriture sera déterminant. On l’interrogera notamment sur l’origine des fonds propres : épargne personnelle, indemnités, subventions, prêts personnels, apports en nature… Par exemple, un prêt familial n’est pas à don et demeure à rembourser. On évaluera aussi sa capacité de remboursement et son « reste à vivre » en fonction de son train de vie. Trois critères d’appréciation conduisent à la décision d’accorder ou non l’emprunt : l’adéquation entre l’homme et le projet – capacité à mettre en œuvre ce qui est annoncé -, la viabilité économique de l’affaire – de la qualité de l’emplacement à l’approche marketing – et enfin le montage financier. »

S'IL NE FALLAIT
RETENIR
QUE 3 CHOSES
leçon n°12
  • Le plan de financement met en rapport les investissements et besoins d’exploitation – droit d’entrée, formation, charges, stock, besoin en fonds de roulement…- avec les fonds propres, le financement des investissements – prêt, crédit-bail, location (parfois avec option d’achat), prêt à la création d’entreprise – et les financements à court-terme – facilité de caisse, escompte papier commercial, affacturage, avance sur créance administrative.
  • La crédibilité du franchiseur est analysée, notamment grâce aux informations utiles des Pôles Franchise & Commerce Associé : DIP, contrat, résultats des points de vente en franchise et en succursale…
  • Tous les éléments du projet entrepreneurial ne sont pas couverts par l’emprunt. Le banquier privilégie le matériel - ou frais liés aux immobilisations corporelles -, lequel possède une valeur durable : mobilier, machines, véhicules, informatique, travaux d’agencement….